Les chemises déchirées : autre point de vue !

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Une autre mise en perspective. Je vais faire court pour ne pas vous “ennoyer”.

Après avoir, hier, dirigé le projecteur CLERE sur  le manque d’empathie, de tact et d’humanité  des dirigeants d’Air France, je vais maintenant le braquer sur la responsabilité comportementale de tout individu, qu’il soit patron ou salarié… et en particulier de celle des violents agresseurs dans cette affaire.

Conscience : Il sera toujours judicieux pour moi de faire une analyse globale  et réaliste des problèmes que je rencontre ou que je peux rencontrer. C’est ma responsabilité, comme c’est à moi, avant tout, d’envisager différentes solutions.
Liberté : Je suis acteur de ma vie. J’ai intérêt à faire ce qu’il faut pour préserver ma liberté et mon autonomie, pour ne pas être dépendant d’un pouvoir décisionnaire que je ne peux contrôler.
Expressivité : Devant un désaccord, une contrariété, un ressentiment, une vexation, une marque de mépris, un rejet, une humiliation… la première chose à faire est de calmer mes réactions épidermiques, viscérales, caractérielles… respirer et m’extraire de ma violence animale. Ce qui m’évitera de déchirer, frapper ou démolir ceux dont le comportement m’insupporte… avec les conséquences prévisibles.
Réciprocité : J’aimerais que les autres se mettent un peu à ma place et me comprennent mais pour être crédible et cohérent, je me dois d’essayer de me mettre à la place de ceux qui me font du tort et de comprendre ce qui justifie leurs paroles et leurs actes.
Exactitude : Pour pondérer mon émotivité, mes craintes et mes colères, il convient de réfléchir : de refroidir mes tempêtes intérieures par le raisonnement le plus objectif, le plus impartial possible.

En conclusion : Dans l’affaire de la chemise déchirée du DRH et de son effroyable peur d’un lynchage barbare, les responsabilités sont partagées. Comme dans tout système ouvert une composante A agit sur une composante B et inversement. Laquelle de ces deux composantes est la plus responsable des éventuels dégâts causés ?  Pour moi, c’est celle qui a le plus d’influence dans le système : ici les tenants du pouvoir ! C’est pourquoi les contre-pouvoirs sont absolument nécessaires pour limiter les abus de pouvoir… de ceux qui ont du mal à jouir autrement.
Ceci dit, quand la violence se déchaine dans une foule de frustrés légitimes ou non, le pire est à craindre et c’est la loi et le droit, aussi imparfaits soient-ils, qui doivent primer. Respectons la démocratie… parce c’est la meilleure (ou la moins pire) des règles en société.

 

2 Comment

  1. Patrice says:

    Tout cela est bien beau mais très théorique. Dans la réalité c’est autre chose ! Je ne vois pas des gens traités comme des moins que rien se dirent stop je vais réfléchir et mettre tout à plat avant de foutre mon poing dans la gueule à des salauds sans scrupules qui l’auront bien mérité. Seules de délicates princesses dans de beaux contes de fées sauront faire ça. C’est une image. Je crois Bernard que vous aimez les images.

    1. Si j’adoptais votre façon de voir les choses, je dirais logiquement que la meilleure façon de régler les problèmes en société est de cogner quand la colère monte et vous déborde. Vous me direz alors, Patrice, qu’il y a colère et colère !
      Oui, je le pense aussi. La colère de ceux qui ne savent pas comment ils vivront demain quand ils seront au chômage est respectable ! Vous me direz aussi que le DRH en question ne s’est pas mis une seule seconde à la place de ceux qu’il a sacrifiés au nom du réalisme économique (Sinon il ne pourrait pas faire son métier : il en serait malade).
      Oui mais… Devrait-on pousser le raisonnement au point de dire que comprendre c’est accepter !
      Non, je n’accepte pas que l’on ne sache, que l’on ne puisse ou que l’on ne veuille opposer la réflexion et l’analyse d’une situation, aussi dramatique soit-elle, à la violence et pourquoi pas, l’envie de tuer.
      Si nous trouvons que cette société accouche d’inégalité et de misère, alors changeons-là ! Mais pour cela, je ne serai jamais partisan des malversations, dégradations, destructions… et pourquoi pas du soulèvement sanglant d’un peuple qui en a ras le bol !
      Quand quelqu’un est excédé par la manière dont un certain patronat le traite, ne pourrait-il se poser des questions essentielles sur sa vie, son devenir, sur la construction d’une société plus équitable et plus juste, sur des actions citoyennes, avant d’aller grossir la foule des mécontents qui ne manqueront pas de s’enivrer de rage et de haine ?
      Non, n’acceptons jamais d’être dominés par des pouvoirs autoritaires et souvent cyniques, mais calmons-nous avant d’agir. Pour quelques instants de défoulement violent, combien de temps à en regretter les conséquences ? Il y a mieux à faire !

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