Le langage du corps en concertation publique : réponse à Gilles

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Gilles m’a écrit ceci :
“Je pense qu’il n’est pas besoin de parler pour exprimer sa colère. On peut montrer son exaspération, les lèvres fermées, pincées même ! Pouvez-vous nous en dire plus sur le langage du corps. Un sujet qui m’intéresse car je vais bientôt animer une concertation publique…” (lire la suite dans le commentaire de l’article précédent)
D’abord un mot sur la concertation publique pour ceux qui ne savent pas ce que c’est.

La Charte de la concertation du Ministère de l’Environnement rappelle que cette démarche démocratique a pour but d’ associer toutes les populations concernées à une prise de décision publique de travaux d’aménagement, d’embellissement, de modernisation… pour l’en informer en toute transparence, écouter et répondre à ses craintes, objections ou suggestions.

La question que pose implicitement Gilles :

Le langage de notre corps trahit-il à notre insu, nos peurs, nos colères, notre envie d’en découdre ou de fuir…, des réactions offensives ou défensives. Et quelles en sont les conséquence pour la qualité et la quantité des  échanges dans un débat public ?

Pour vous en convaincre immédiatement, remémorez-vous les attitudes figées, tendues ou faussement calmes des candidats à la primaire des “Républicains” lors du premier débat de jeudi 13 . Imaginez que vous revoyiez l’émission, le son de votre télé, coupé. Le langage du corps était éloquent ! On pouvait y lire, le mépris, l’exaspération, le rejet, la rancœur, la froideur … que des choses “non commerciales” sous le couvercle des mots choisis, “neutralisés” du mieux qu’ils pouvaient. (Sauf pour NKM dont je ne suis, pour autant, pas fan, qui semblait perdue  dans ce monde masculin à la violence masquée)

Alors imaginez maintenant, une personne face à une foule dubitative, hostile aux propos tenus, aux décisions non acceptées d’un pouvoir publique qui leur échappe. Une foule galvanisée par le phénomène de ligue des groupes “dominés” mais solidaires.

Imaginez les réactions  dévastatrices d’une assemblée percevant dans le langage du corps du meneur de débat – une courroie de transmission – du mépris, de l’exaspération, du rejet, de la rancœur, de la froideur… ou tout autre manifestation de tension émotionnelle.

Deux recommandations  aujourd’hui !

  1. Votre corps parle plus vrai que vos mots ! Et la “musique” de vos mots bien plus que leurs contenus. Sachez-le pour en tenir compte.
  2. Demandez-vous  quand vous parlez et quand vous écoutez si votre corps est “ouvert-accueillant” ou  “fermé-défensif”. Et sachez encore que si votre corps parle d’accueil ou de défense quand vous écoutez, votre corps dit aussi que vous écoutez (ou non) quand vous parlez, et simultanément !  (C’est grâce à cette aptitude que la confiance s’installe (ou non) dans les échanges. Les orateurs qui s’écoutent parler au lieu d’écouter les réactions d’approbation ou de désaccord se coupent de leur auditoire.

En conséquence, Gilles, dans une animation-médiatrice de concertation publique, “votre corps” et vous dans votre ensemble pouvez lasser ou irriter ou au contraire encourager une parole calme et ouverte, à l’exemple de ce que vous montrez, de ce que votre corps montre.

Bien à vous.